Centre National de la Préhistoire

Courant 2023, 3D Oméga a été contacté par le Centre National de la Préhistoire, basé à Périgueux.

Ce service de l’administration centrale en charge de la mise en œuvre de la politique nationale des grottes ornées pour le Ministère de la Culture, est rattaché à la Sous-Direction de l’archéologie.

Le Centre National de la Préhistoire a pour mission d’inciter, d’innover et de proposer des préconisations méthodologiques pour l’étude et l’analyse des sites préhistoriques.

Les archéologues ont toujours eu un attrait pour les technologies de leur époque à partir du moment où elles apportent une plus-value par rapport aux méthodes traditionnelles.

Le relevé d’art pariétal, en tant que geste archéologique permettant de décrypter les images, a donc évolué avec les outils et les techniques de son temps. L’un des soucis actuels concerne la transcription des relevés topographiques qui correspondent au passage d’éléments en volume à un dessin ou plan en 2D.

De nombreux chercheurs ont proposé des méthodologies, des outils et des procédés techniques pour intégrer les aspects de parois et l’analyse du contexte de la grotte.

L’une de ces méthodologies mise en œuvre par le Centre National de la Préhistoire consiste à effectuer des relevés 3D d’une grotte directement sur le modèle tridimentionnel. Pour cela, les préhistoriens utilisent le logiciel Blender pour faire ressortir diverses caractéristiques :

  • Mettre en évidence des zones de contraste et donc de formes sur la roche ornée grâce à des jeux d’éclairages différents.
  • Faire un traitement colorimétrique d’une surface pour faire ressortir une forme ou une peinture difficile à repérer au premier abord.
  • Faire les relevés d’analyse directement sur le modèle 3D afin de faire ressortir, par exemple les formes de l’animal peu visible à priori.
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Esquisses 3D

3D Oméga a donc été contacté par Madame Pincon Geneviève, la Directrice du Centre National de la Préhistoire localisé à Périgueux pour expérimenter une nouvelle méthodologie d’étude par le biais de l’impression 3D, et fournir des nouvelles méthodes de travail pour les générations futures d’archéologues.

D’après une étude faite sur Blender d’une zone de la grotte, le Centre National de la Préhistoire obtenait une esquisse de forme d’animal et voulait reproduire celle-ci à partir de cet échantillon en 3D pour visualiser l’ensemble des détails de la forme ainsi que la transcription de sa paroi support.

Pour cela, le Centre National de la Préhistoire a dû travailler sur la taille de l’échantillon à nous fournir en fonction des tailles d’impression possibles selon les imprimantes 3D utilisées ; à partir des œuvres pariétales de la grotte Cosquer (Bouches du Rhône). Ce travail d’analyse des techniques d’impression 3D mis en œuvre a fait l’objet du mémoire universitaire d’une apprentie en licence professionnelle qui fit date à l’université.

Au niveau du protocole, nous avons finalisé un format de taille unique (120mm x 190mm) qui puisse être comparable en fonction des technologies employées.

Il a fallu au préalable passer au slicer les différents échantillons pour déterminer les temps d’impression, les hauteurs de couche d’impressions respectives en fonction des technologies utilisées et l’emploi des supports pour optimiser les impressions.

Photo de Jacques Collina-Girard, Crédit : Ministère de la culture / Centre national de Préhistoire     

Photo de Jacques Collina-Girard, Crédit : Ministère de la culture / Centre national de Préhistoire.

Utilisation du slicer et Impression 3D

La différence résidait essentiellement dans les épaisseurs de couche des différentes impressions ; à savoir une épaisseur de 0.12mm pour la technologie Filament (FDM) et une épaisseur de 0.04mm pour la technologie Résine (SLA).

    Slicer Halot box. Impression résine 0.04mm. Crédits:3D Oméga

Slicer Cura. Impression FDM 0.12mm. Crédits:3D Oméga

Il ressort de ces impressions que la technologie SLA permet d’accroitre considérablement les détails des formes. Elle avait cependant l’inconvénient d’avoir une finition satinée dû à l’emploi de la résine Creality Standard Plus. L’utilisation d’une résine totalement mate aurait justifié son emploi et le rendu de la pièce.

Au contraire la technologie FDM, bien que d’épaisseur 0.12mm avait l’avantage de mieux faire ressortir les infractuosités de la roche et lui donnait une impression naturelle.

           Impression FDM 0.12mm. Crédits:3D Oméga

Impression Résine 0.04mm. Crédits:3D Oméga

Nous tenons à remercier Madame Pincon Geneviève pour nous avoir sollicité pour ce travail très instructif, Madame Barbuti Priscilia pour son travail sur Blender et sa visite virtuelle de la grotte de Lascaux et Mademoiselle Cabrera Emma, alternante au Centre National de la Préhistoire, qui a été chargé d’élaborer les échantillons à reproduire et de suivre l’évolution du dossier jusqu’à l’interprétation des modèles imprimés.